La Capoeira

L'histoire de la capoeira est difficile à connaître, dans la mesure où il n'existe aucun texte décrivant la naissance de cet art martial. Les seuls documents pouvant expliquer ses origines furent brûlés.

Le Brésil est découvert en 1500 par l'explorateur portugais Pedro Álvares Cabral. En 1532 commence l'exploitation des champs de cannes à sucre. Pour y travailler, les portugais font venir de leur colonie africaine, l'Angola, des bateaux entiers d'esclaves noirs, et ce sur plusieurs générations.

La capoeira serait née dans ces plantations. Les esclaves se réunissaient dans des clairières (capoeira en portugais) et s'entraînaient à se battre en vue d'une possible fuite. Les sports de combats étant, bien entendu, interdits aux esclaves, ils s'appliquèrent à faire ressembler cet art martial à des danses venues de leur Afrique natale.

Le 13 Mai 1888, la Loi d' Or (lei Áurea) proclame l'abolition de l'esclavage. La capoeira reste cependant interdite et fortement réprimée, dans la mesure où elle est considérée comme un combat de rue, utilisée par les brigands.

Il faudra attendre les années 30 et l'arrivée des maîtres (mestres) Pastinha et Bimba , qui firent entrer ce combat de rue dans des académies organisées et disciplinées, et rendirent ses lettres de noblesse à cet art martial.

En 1937, la Capoeira est officiellement autorisée.

En 1953, Mestre Bimba rencontre le président de la république du Brésil, Getúlio Vargas. Celui-ci reconnaît alors la capoeira comme le seul sport réellement national.

Ces deux grands maîtres furent à l'origine de deux courants distincts : la capoeira angola et la capoeira regional.


Mestre Pastinha (1889-1981):

Vicente Ferreira Pastinha crée la première école de Capoeira Angola. Ce style serait le plus proche de celui utilisé par les esclaves dans les champs de cannes à sucre.

Il organise l'orchestre (bateria) avec trois berimbaus (viola, médio, gunga), deux pandeiros, un atabaque, un agogo et un reco-reco.

Le rythme de l'angola est lent, le jeu est près du sol, basé sur l'endurance et la malice du joueur plus que sur la force physique.

Mestre Bimba (1900-1974):

Manoel dos Reis Machado crée en 1932 le centre de culture physique et de lutte régionale (centro de cultura fisica e luta regional) où il enseigne la lutte régionale bahianaise (luta regional Baiana) qui prendra plus tard le nom de Capoeira Regional.

L'orchestre de la Capoeira Regional se compose d'un berimbau médio et de deux pandeiros. Le rythme est cadencé et rapide, le jeu est haut avec des coups de pieds rapides.


Les instruments

LE BERIMBAU

C'est un instrument venu d'Afrique qui était utilisé par les aveugles pour demander l'aumône et par les marchands ambulants pour attirer l'attention.

C'est un arc de bois tendu d'un fil de fer. Le son est amplifié par une calebasse. On en joue à l'aide d'une baguette de bois, d'une pierre et d'un caxixi (sorte de hochet).

Il en existe trois types

Le GUNGA : il est le plus grave, c'est lui que marque le rythme.

Le MÉDIO : comme son nom l'indique, sa tonalité se situe au milieu des deux autres. Il joue le rythme de base et se permet quelques variations.

Le VIOLA : il est le plus aigu, c'est celui qui donne le plus de variation au rythme.

C'est le berimbau que dirige la roda (cercle du jeu de capoeira), c'est lui qui donne le rythme et qui dicte la conduite à suivre pour le deux joueurs au centre du cercle.

L'ATABAQUE

C'est une sorte de tambour venu d'Afrique. Il est fait d'une caisse de bois surmontée d'une peau de boeuf.

Il marque le rythme. Il fut le premier instrument utilisé dans la capoeira primitive, le berimbau ne fut introduit que bien plus tard.


LE PANDEIRO

C'est un tambourin. Il fut importé par les portugais.

Il marque lui aussi le rythme.


L'AGOGO

Ce sont deux cloches de tailles différentes liées ensembles. Il peut être en métal ou en noix de coco. On y frappe le rythme avec une baguette de bois.


LE RECO-RECO

C'est un morceau de bois creusé, gravé de stries. On en frotte la surface en rythme avec une baguette de bois.


Aujourd'hui, la capoeira est reconnue patrimoine national au Brésil.